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Histoire du libre

 
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Interview de Lucien Petit, juillet 06

Lucien est activiste du Libre, gérant fondateur de la SCIC CLISS 21 http://www.cliss21.org

Bref historique

  • 1983 : Richard Stallman, informaticien au MIT. Plusieurs systèmes UNIX, les informaticiens échangent. Stallman et ses équipes se voient limités par des NDA qui font que les gens ne peuvent pas échanger => mouvement vers le libre. Lettre ouverte de Bill Gates prétend que la seule solution est propriétaire. Stallman a quitté et commencé le projet GNU : 1° système libre (GNU is not Unix). A vendu des cassettes avec eMax dessus. Stallman sort des outils systèmes
  • 1985 création de la FSF et création du GPL (General Public Licence)
  • 1991 : Linus Torvald se sert de Minix et veut aller plus loin. faire un système d'exploitation dont tout le monde peut disposer. Au début des universitaires puis ça décolle, en utilisant les possiblités collaboratives d'Internet
  • Linux se développe. Debian en 1993, Red Hat. Voir le film de Mose. Premières SSII. Au début, universitaire puis se développe. En 1995, premier serveur qu'on peut utiliser industriellement.
  • En 1995-96 : France, des jeunes testent ça et l'installent dans leurs bureau. Commence à trouver ça dans les ministères alors qu'avant c'était dans les facs. Le point fort de Linux c'est Internet puis les serveurs, le client final n'était pas considéré
  • Linux Care et Alcôve en France : 1° sociétés sérieuses.
  • Le marché a décollé à partir de 1998 : IBM investit Linux, Oracle, SAP. A Oracle expo il y a un débat Microsoft Linux. Montée spéculative en 1998 => demande de services et de créativité. Le Web et les navigateurs se développent, Linux représente une alternative pas cher (garage .com). Le modèle économique était pas clair : modèle éditeur (approche produit, vend un CD ROM et un peu de service mais ce n'est pas libre – éditeur propriétaire ne colle pas avec la logique de libre) ; modèle services qui est le seul viable à terme. On essaie de vendre du service (forfait d'assistance pendant 1 an) comme un produit. Atrid, Easter Eggs, Alliacom, Mandrake soft, les SSII ouvrent des antennes libres en France (SQL). Les Mines sortent un logiciel aussi. Entre 98 et 2000 foisonnement d'activités mais pas aussi important que dans l'e-commerce. Les usagers étaient les services publics (ministère de l'éducation, équipement, Finance, Gendarmerie) et aussi les grands comptes (France telecom, Bouygues telecom, Dassault, Carrefour)
  • Puis krach en 2000, à partir de là le marché s'est réorganisé. Disparition des petits acteurs, les SSII se disent que le libre devient une possibilité économique. Unilog, Cap Gemini rajoutent cela à leur catalogue mais ce n'est qu'une petite activité. Ne voient pas le schéma derrière ni les communautés du lirbe. Le libre vient de la demande pas de l'offre (appels d'offre stipulant que le code source devait être libre). Des trolls dans les grosses boîtes répondent aux appels d'offre
  • Aujourd'hui, on a des trolls dans les boîtes mais il n'y a pas de boîte proéminente dans le libre. Les boîtes ont une approche produit, et pas artisanale. Donc c'est les ONG, SCIC, SCOP qui développent ça
  • La communauté du libre en France ? Quelques boîtes d'envergure nationale : Alcôve, Linagora, Idealix, Aliacom => réseau SSLL. Un autre réseau : Libre Entreprises, réseau coopératif du libre, mais qui se cherche. Puis tout un tas de petites boîtes en local. Et toujours les SSII qui affichent qu'ils font du libre
  • Exemple embrouille entre CLISS 21 et Athos qui se déclare open source mais dans la pratique ne prend pas en compte les principes du LL

Et maintenant ?

  • Aujourd'hui il y a du LL partout. peu le font de manière intégrale. Les PC ça a commencé à partir de 1998, Knopix a été le 1° à faire un truc qui marchait bien. Et aussi le LL sous Windows avec Mozilla et Open Office, qui ont fait beaucoup avancer le LL dans les machines
  • C'est le bon moment pour poser la question du LL en tant que finalité. Il est partout, les gens en parlent sans savoir ce dont ils parlent. Bagarre à mener : revenir sur les fondements du LL => partage de la connaissance, la connaissance ne se cadenasse pas. j'ai l'info donc j'ai le pouvoir, c'est ça qu'il faut remettre en cause. Donner le pouvoir à l'utilisateur final. L'ambiguïté est que le LL est meilleur techniquement et pas seulement gratuit : pas de virus, plante pas, même fonctionnalités que Open Source, passage par Ubuntu date de 1-2 ans seulement. L'ambiguïté est de ne pas parler de la quetsion de fond sur la finalité. Le LL pose aussi la question de l'acheteur ; avant achète un produit et reste en charge, ne veut pas apprendre à réparer et raisonner RH. Modèle artisanal versus industriel. Approche de science dure, carrée versus modèle collaboratif, humain, imprévisible
  • La plupart des gens ne voient pas le système RH qui est derrière (exemple JFC). Ce qu'il faut c'est expliquer le processus opérationnel. Les gens doivent apprendre à chercher des solutions et appliquer les principes du LL : économie du don, commencer une démarche apprenante. Il faut une réciprocité sinon le troll ne continuera pas. Troll Party : on invite, on donne à manger, en retour les trolls vont développer des solutions
  • Il faut trouver l'intersection avec le monde économique. Remplacer la compétence informatique par des gens qui fonctionnent en réseau : catalystes, facilitateurs. Cf Ville Apprenante à Loos. Encoder ce qu'a fait Briand, et suivre ce que va faire JFC. Briand a réussi à lier les NTIC et les liens interrégional
  • CLISS 21 a cette capacité de convertir le modèle strictement marchand. On a des prestations strictement marchandes, comme pour le CERDD. Mais en même temps, on fait des trucs de fond => initiative une fois par mois une partie pratique où on installe LINUX, TP et une partie échange / débats éducation populaire, ROUMICS... La SCIC va plus loin. On fait du marchand et du non marchand. Continuer à développer notre expertise dans le LL, en même temps faire des projets clients qui nous musclent, et stimuler le réseau
  • Économiquement ça se tient en fonction de la taille de la structure. On ne fait pas de marketing dans le libre, c'est ce qu'on fait qui se connaît par bouche à oreille et on peut à la place investir dans la stimulation de réseau. Angenius est libre car minuscule et fait de la recherche action
  • L'enjeu est que le libre devienne un principe, avec le partage et la démarche collaborative, et que c'est le seul garant de la durabilité. Entrer dans le libre en développement durable par les WIKI, les espaces collaboratifs, faire que l'information ne soit pas verrouillée
  • Le Libre pourrait tout aussi bien rester un moyen et ne pas devenir un moyen de libération. Ce n'est pas parce qu'on est dans le libre qu'on est dans le collaboratif. Certains logiciels libres sont très élitistes. Libre et abordable. orienté utilisateur. Les développeurs sont très hétérogènes et beaucoup font ça de manière égoïstes, ou pour jouer, ou pour se faire des amis...
  • Cathédrale et Bazar. Le Livret du Libre. Thèses sur le LL et open source. Open sources. Article de Stallman. Sénateurs en France (Peyrefitte, autres qui ont fait bosser des thésard Trihouet), Rocard.
  • Paradoxe : le libre est basé sur un copyright qui dit que la connaissance appartient à quelqu'un.


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